Méditation : comment commencer quand on n’arrive pas encore à en faire une habitude ?

,

Pendant longtemps, j’ai eu une vision assez caricaturale de la méditation. J’imaginais quelqu’un assis en tailleur, parfaitement immobile, les mains posées sur les genoux, capable de ne penser à rien pendant de longues minutes. Il fallait probablement faire le vide, parvenir à un calme absolu et atteindre cet état presque mystérieux que l’on voit parfois…

Personne commençant une méditation guidée, les yeux fermés et des écouteurs dans les oreilles

Pendant longtemps, j’ai eu une vision assez caricaturale de la méditation. J’imaginais quelqu’un assis en tailleur, parfaitement immobile, les mains posées sur les genoux, capable de ne penser à rien pendant de longues minutes. Il fallait probablement faire le vide, parvenir à un calme absolu et atteindre cet état presque mystérieux que l’on voit parfois représenté dans les films.

Autant dire que cela me semblait assez éloigné de ma manière de fonctionner. J’ai naturellement besoin de réfléchir, d’agir, de construire quelque chose ou d’occuper mon esprit. Pourtant, lorsque j’ai commencé à travailler davantage sur moi, une personne de mon entourage m’a parlé plusieurs fois de méditation. Selon elle, cette pratique pouvait m’aider à m’apaiser, à avancer et peut-être même à trouver certaines réponses que je cherchais alors beaucoup à l’extérieur.

J’ai donc essayé une première fois, sans vraiment savoir comment m’y prendre. L’expérience a été suffisamment étrange et inconfortable pour que j’en conclue assez vite que la méditation n’était probablement pas faite pour moi. Pendant longtemps, je n’ai plus insisté.

Pourtant, elle est revenue progressivement sur mon chemin. Aujourd’hui, j’ai recommencé à méditer et j’essaie surtout de trouver comment intégrer cette pratique à mon quotidien. Je n’y arrive pas encore régulièrement et je suis loin de me considérer comme quelqu’un d’expérimenté. C’est précisément pour cela que j’ai envie d’écrire ce premier article : raconter ce que signifie commencer la méditation lorsqu’on ne sait pas encore vraiment méditer.

Une première expérience qui m’a longtemps découragé

Lors de cette première tentative, je pensais simplement fermer les yeux, me calmer et parvenir progressivement à ne plus penser. Pourtant, plus j’essayais de rester tranquille, plus mon corps semblait attirer mon attention. J’avais des démangeaisons, des petits sursauts et parfois des mouvements brusques que je ne cherchais pas à provoquer.

Sur le moment, j’ai vraiment eu l’impression que mon corps résistait à l’état dans lequel j’essayais d’entrer. Aujourd’hui, je serais beaucoup plus prudent avec cette interprétation. Je ne sais pas ce qui provoquait ces sensations : elles pouvaient venir de tensions, de mon manque d’habitude, de mon attention soudainement tournée vers des sensations habituellement ignorées ou simplement de ma difficulté à rester immobile.

Toujours est-il que j’ai rapidement arrêté. Lorsque j’en ai parlé à la personne qui m’avait encouragé à essayer, elle m’a répondu que je n’étais peut-être « pas prêt ». C’était son interprétation de l’expérience et cette conversation nous a ensuite emmenés vers des considérations beaucoup plus spirituelles que je raconterai peut-être un jour séparément.

De mon côté, j’ai surtout retenu que méditer semblait terriblement difficile. Pendant assez longtemps, chaque fois que je voyais passer un livre ou un contenu consacré à la méditation, je me disais simplement que cette pratique ne devait pas me correspondre.

Pourquoi la méditation a fini par revenir dans mon cheminement

Il y a pourtant des sujets qui reviennent régulièrement alors que nous pensions les avoir laissés derrière nous. La méditation en a fait partie.

Lorsque je cherchais de nouvelles lectures pour poursuivre mon cheminement, des livres consacrés à cette pratique apparaissaient régulièrement dans les recommandations. Je les regardais sans vraiment m’y arrêter. Puis, à une période où je cherchais justement quelle direction prendre, j’ai tiré une carte dans un oracle dont le message m’invitait lui aussi à méditer.

Je ne prétends pas que cela prouve l’existence d’un message qui m’aurait été envoyé. Comme je l’explique dans mon article consacré aux signes et synchronicités, une même situation peut être regardée de différentes façons. Ce qui compte ici, c’est que j’ai personnellement fini par interpréter cette accumulation comme une invitation à revenir sur ma première conclusion.

Une expérience vécue plus récemment sous hypnose consciente a renforcé cette envie. Pendant cette séance, j’ai vécu ce que j’interprète aujourd’hui comme une rencontre avec mon guide spirituel. À la suite de cette expérience, la méditation m’est apparue comme une manière possible de retrouver cet espace intérieur et peut-être de poursuivre ce travail autrement.

J’ai donc recommencé, avec une différence importante : cette fois, je n’attendais plus forcément de réussir immédiatement.

Méditer, est-ce vraiment réussir à ne penser à rien ?

C’est probablement la première idée que j’ai dû remettre en question. J’avais toujours associé la méditation au fait de « faire le vide », comme si une pensée qui apparaissait pendant la séance suffisait à prouver que l’on s’y prenait mal.

Or, lorsque je ferme les yeux, mon cerveau ne s’arrête évidemment pas de fonctionner. Une pensée apparaît, en entraîne parfois une autre, et je peux rapidement me retrouver à réfléchir à quelque chose que je dois faire plus tard ou à un sujet qui n’a aucun rapport avec ce que j’écoute. Certains jours, mon esprit semble particulièrement doué pour trouver toutes les raisons possibles de quitter l’instant présent.

Ce que j’essaie d’apprendre aujourd’hui est différent. Je ne cherche plus nécessairement à empêcher les pensées d’apparaître, mais plutôt à remarquer quand elles m’embarquent trop loin. Lorsque j’en prends conscience, j’essaie simplement de revenir à la voix que j’écoute et à ce qu’elle me propose.

Cette manière de voir les choses rejoint d’ailleurs certaines formes de méditation et de pleine conscience, qui consistent notamment à maintenir ou ramener l’attention vers un point précis — la respiration, un son, une image ou le moment présent — plutôt qu’à supprimer toute activité mentale. Les pratiques regroupées sous le terme « méditation » sont nombreuses et ne reposent donc pas toutes sur la même méthode.

Pour quelqu’un qui débute, cette distinction change beaucoup de choses. Il devient possible de considérer qu’avoir été distrait n’est pas forcément avoir échoué : revenir à ce que l’on était en train de faire peut justement faire partie de la pratique.

Les méditations guidées m’aident à entrer dans une bulle

Pour le moment, j’ai beaucoup plus de facilité à méditer lorsque je suis guidé. Seul dans le silence, mon esprit trouve rapidement quelque chose auquel s’accrocher. Une voix me donne au contraire un fil conducteur et me permet de revenir plus facilement lorsque mes pensées commencent à partir dans une autre direction.

Je m’installe donc dans un endroit où je sais que je peux être tranquille, je mets mes écouteurs et je ferme les yeux. Peu à peu, j’essaie de créer une sorte de bulle autour de moi. Mon objectif n’est pas de rester attentif à ce qui se passe à proximité, mais justement de ne plus chercher à le savoir pendant quelques instants.

Je concentre mon attention sur les paroles que j’entends, sur ce qu’elles m’invitent à imaginer et sur ce que je ressens. Si un bruit existe autour de moi, j’essaie de ne pas le suivre. Si une pensée apparaît, j’essaie de la laisser passer pour revenir à la méditation. Cela demande encore beaucoup d’efforts, mais j’ai désormais connu quelques moments où cette concentration devient plus naturelle.

Le cadre joue donc un rôle important dans ma pratique. J’ai besoin de me sentir suffisamment tranquille pour ne pas garder une partie de mon attention tournée vers l’extérieur. Si je pense que quelqu’un peut venir me parler ou me surprendre, j’ai beaucoup plus de mal à entrer dans cette bulle.

Je remarque d’ailleurs que je ne suis pas encore complètement à l’aise avec l’idée d’être vu en train de méditer. Il y a probablement quelque chose de très personnel dans le fait de fermer les yeux, de mettre ses écouteurs et de se couper volontairement pendant un moment de ce qui nous entoure. Pour l’instant, j’ai besoin que cet espace reste intime.

Méditation guidée et hypnose : des expériences qui m’interrogent

Ma manière de pratiquer m’a assez vite rappelé certains aspects de mes séances d’hypnose. Il existe, dans mon ressenti, plusieurs points communs : fermer les yeux, suivre une voix, tourner progressivement son attention vers l’intérieur et parfois voir apparaître des images mentales.

Pourtant, je remarque aussi une différence importante dans la manière dont je vis ces deux expériences. Sous hypnose, je conservais un lien très clair avec ce qui m’entourait et je pouvais facilement intervenir si quelque chose me gênait. Lors d’une méditation guidée, je cherche au contraire à ne plus porter mon attention sur l’environnement extérieur afin de me concentrer autant que possible sur ce que j’entends.

Je ne veux pas en déduire que méditation et hypnose produisent le même état. Ce sont deux pratiques différentes, avec des méthodes et des objectifs qui peuvent eux-mêmes varier. Je trouve simplement intéressant de constater que, subjectivement, certains mécanismes me paraissent parfois proches.

Cette question fait partie de celles que j’aimerais approfondir lorsque j’aurai davantage de recul. Pour le moment, je me contente d’observer les ressemblances et les différences que je ressens sans chercher à leur donner une explication définitive.

Quand des sensations et des images inattendues apparaissent

Depuis que j’ai repris la méditation, certaines expériences m’ont surpris. À deux reprises, j’ai par exemple eu l’impression de sentir très nettement une odeur de brûlé. J’ai interrompu la séance pour vérifier mon environnement, sans rien constater d’anormal. Je ne sais pas ce qui a provoqué cette perception et je préfère ne pas lui attribuer de signification particulière.

D’autres expériences ont été plus émotionnelles. Au cours d’une méditation, des personnes liées à mon enfance sont apparues dans mon imaginaire intérieur, dont une personne décédée associée à une période douloureuse de mon histoire. J’ai pu engager intérieurement une forme de dialogue avec elle et ressentir la possibilité d’un pardon, que j’ai surtout vécu comme le signe que mon rapport à cette partie de mon passé avait évolué.

Ma lecture spirituelle de ce moment m’appartient entièrement. Elle ne signifie pas qu’une personne aurait choisi ou mérité les épreuves qu’elle a traversées, ni que le pardon serait nécessaire pour avancer. Quant à ces figures apparues pendant la méditation, je préfère aujourd’hui les considérer comme des expériences intérieures ouvertes à plusieurs interprétations : souvenirs, symboles, constructions mentales ou, pour certains, expérience plus spirituelle.

Le plus difficile n’est peut-être pas de méditer, mais de recommencer demain

Aujourd’hui, mon principal obstacle est finalement beaucoup plus banal que toutes ces expériences : je n’ai toujours pas réussi à transformer la méditation en véritable habitude.

J’ai essayé différents moments de la journée. Certains sont trop facilement occupés par d’autres activités, tandis que d’autres ne me conviennent pas parce que la fatigue prend rapidement le dessus. Je continue donc à chercher un créneau qui puisse devenir suffisamment naturel pour ne plus avoir à décider chaque jour si je vais méditer ou non.

Dans l’idéal, j’aimerais disposer d’environ trente minutes et savoir que personne ne viendra me déranger. Mais créer une routine demande plus que de trouver une case libre dans un emploi du temps. Il faut aussi que je sois disponible mentalement et que les conditions me permettent d’entrer réellement dans cette bulle.

C’est sans doute l’une des choses que je découvre en commençant : la pratique que l’on imagine avant d’essayer et celle que l’on arrive réellement à intégrer dans sa vie ne sont pas toujours les mêmes. Pour l’instant, je teste, je rate certaines séances, j’en oublie d’autres et j’essaie de comprendre ce qui pourrait fonctionner durablement pour moi.

Les méditations guidées restent mon principal point d’appui. Elles rendent l’exercice plus accessible et m’évitent de me demander constamment ce que je suis censé faire. Peut-être qu’un jour j’aurai envie de pratiquer davantage dans le silence, mais je ne vois aucune raison de me fixer cet objectif aujourd’hui simplement parce qu’il correspondrait à l’image que je me faisais autrefois de la méditation.

Pourquoi j’ai envie de continuer

Je ne cherche pas uniquement dans la méditation une méthode pour me détendre. Ce serait déjà une raison suffisante pour certaines personnes, mais mes attentes sont aujourd’hui davantage liées à mon cheminement intérieur et spirituel.

J’aimerais apprendre à chercher certaines réponses autrement. Depuis que j’ai commencé ce travail sur moi, j’ai beaucoup lu, beaucoup questionné et essayé de comprendre ce que d’autres pouvaient m’apporter. La méditation représente peut-être une manière de faire moins de bruit pendant un moment pour observer ce qui vient lorsque je cesse de chercher immédiatement une réponse à l’extérieur.

Avec le temps, ma réflexion sur ces périodes de silence a d’ailleurs évolué. Je pensais surtout qu’elles pouvaient m’aider à trouver autrement certaines réponses. Je me demande aujourd’hui si elles ne servent pas aussi à laisser mûrir ce que nous venons d’apprendre. J’ai approfondi cette idée dans Quand on a l’impression de ne plus avancer.

J’aimerais également voir si la méditation peut m’aider à approfondir ce que j’ai vécu autour de mon guide spirituel. Peut-être sera-ce le cas, peut-être pas. Je peux aussi très bien découvrir avec le temps que ce que j’attends aujourd’hui de la méditation n’a rien à voir avec ce qu’elle finira réellement par m’apporter.

C’est précisément pour cette raison que cet article sera probablement le premier d’une petite série. Je trouve intéressant de garder une trace de mon regard de débutant, avec mes idées reçues, mes difficultés et mes attentes actuelles. Si je continue à pratiquer, je pourrai revenir plus tard sur ce sujet et observer ce qui aura réellement changé.

Pour l’instant, je n’ai donc pas de méthode miracle à transmettre. J’ai simplement compris qu’une première tentative ratée ne signifiait pas forcément que la méditation n’était pas faite pour moi. Aujourd’hui, j’apprends à trouver mon moment, à fermer les yeux, à écouter et à revenir à l’instant présent lorsque mon esprit décide de partir ailleurs.

C’est encore fragile et irrégulier, mais c’est déjà un début.

Un Autre Nord
À chacun de trouver le sien.

Partagez votre ressenti

Une phrase de cet article vous a parlé, questionné ou rappelé une expérience personnelle ? Cet espace vous permet de partager votre ressenti dans un esprit d’écoute, de respect et de bienveillance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour poursuivre la réflexion