La Guérison des 5 blessures : quand comprendre ne suffit plus

,

Découvrez La Guérison des 5 blessures de Lise Bourbeau, une suite consacrée au rôle de l’ego, à l’acceptation et aux moyens de ne plus laisser nos blessures diriger automatiquement nos réactions.

La prise de conscience de nos blessures intérieures peut provoquer un véritable bouleversement. Dans La Guérison des 5 blessures, Lise Bourbeau propose justement d’aller au-delà de cette première compréhension. Selon son approche, reconnaître une blessure ne suffit pas toujours à changer les réactions qu’elle réveille.

C’est ce que m’avait déjà apporté la lecture de Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même, de Lise Bourbeau, son premier ouvrage consacré à ce modèle. J’avais commencé à mettre des mots sur certaines réactions et à reconnaître plusieurs mécanismes de protection. Mon rapport au contrôle, à la colère et à l’injustice m’était alors apparu sous un autre angle.

Pourtant, comprendre l’existence d’une blessure ne signifie pas qu’elle cesse immédiatement de nous faire réagir.

Avec La Guérison des 5 blessures, Lise Bourbeau poursuit donc sa réflexion. Le premier livre aide surtout à découvrir les blessures et les masques qu’elle leur associe. Ce second volume s’intéresse davantage à la suite. Comment reconnaître qu’une blessure vient de s’activer ? Quel rôle l’ego joue-t-il ? Et comment éviter qu’une réaction automatique décide à notre place ?

La Guérison des 5 blessures : une suite à lire après le premier livre

La Guérison des 5 blessures ne reprend pas entièrement les cinq blessures de rejet, d’abandon, d’humiliation, de trahison et d’injustice.

Lise Bourbeau rappelle leurs principales caractéristiques, mais elle conseille d’avoir lu ou relu son premier ouvrage auparavant. Elle présente d’ailleurs ce deuxième livre comme la suite de Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même. Son objectif consiste davantage à approfondir la manière dont nous pouvons reconnaître et apaiser les réactions liées à ces blessures.

Avant cette lecture, je conseille donc de commencer par le premier volume. Je l’ai présenté dans mon article consacré aux cinq blessures et aux masques décrits par Lise Bourbeau.

Ce second livre prend davantage de sens lorsque nous connaissons déjà cette grille de lecture. La question n’est alors plus seulement d’identifier une blessure dominante. Il s’agit surtout d’observer ce qui se passe lorsqu’une situation vient la réveiller.

Comprendre les cinq blessures ne suffit pas toujours

La découverte des cinq blessures peut donner l’impression d’avoir enfin trouvé une explication à certaines réactions.

Nous pouvons reconnaître notre besoin de contrôler, notre peur de l’abandon ou notre tendance à fuir certaines situations. Le perfectionnisme ou la difficulté à montrer sa vulnérabilité peuvent aussi devenir plus visibles. Cependant, cette prise de conscience reste parfois essentiellement intellectuelle.

Nous pouvons savoir que nous portons ce que Lise Bourbeau appelle le masque du contrôlant et continuer à vouloir tout maîtriser. De même, nous pouvons identifier une blessure d’injustice tout en nous raidissant dès qu’une situation nous paraît injuste.

C’est précisément à cet endroit que La Guérison des 5 blessures devient intéressant.

Lise Bourbeau ne présente pas la guérison comme la disparition complète et définitive des blessures. Dans son approche, elles peuvent encore se réveiller, mais leur influence diminuerait progressivement. Nous pouvons alors les reconnaître plus vite et ressentir moins longtemps le besoin d’utiliser le masque associé.

Cette nuance me paraît essentielle. Guérir ne signifie pas devenir insensible. Il s’agit plutôt, dans cette grille de lecture, de ne plus laisser chaque émotion diriger immédiatement notre réaction.

L’ego cherche d’abord à nous protéger

L’une des idées centrales du livre concerne le rôle de l’ego.

Nous avons parfois tendance à parler de l’ego comme d’un ennemi qu’il faudrait faire disparaître. L’approche de Lise Bourbeau est différente : selon elle, l’ego croit sincèrement nous protéger.

Il s’appuie sur notre passé, nos peurs et les conclusions que nous avons tirées de certaines expériences. Lorsqu’une situation ressemble à quelque chose qui nous a déjà fait souffrir, il cherche immédiatement à éviter que cette douleur se reproduise.

Pour cela, il nous pousse à reprendre notre masque.

Le contrôlant cherchera à reprendre la maîtrise de la situation. Le rigide pourra se fermer, se justifier ou vouloir rétablir ce qu’il considère comme juste. Le fuyant cherchera à disparaître ou à éviter la confrontation. Le dépendant tentera d’obtenir du soutien ou de l’attention. Le masque associé à l’humiliation pourra conduire à se rabaisser ou à faire passer les besoins des autres avant les siens.

Dans un premier temps, ces mécanismes peuvent réellement nous donner l’impression de nous protéger. Mais lorsque nous commençons à prendre conscience de nos blessures, ils peuvent aussi nous maintenir dans les mêmes répétitions.

Nous réagissons comme nous avons toujours réagi. Nous confirmons ainsi à notre ego que le danger existe toujours et qu’il doit continuer à intervenir.

Un mécanisme qui nous a protégés dans le passé peut finir par nous empêcher d’évoluer.

Le livre consacre une grande place aux différentes manifestations de l’ego : les critiques, les comparaisons, le besoin d’avoir raison, les justifications, la recherche de reconnaissance, la difficulté à écouter ou encore la tendance à attribuer systématiquement notre souffrance aux autres.

L’objectif n’est pas de nous juger chaque fois que nous reconnaissons l’un de ces comportements. Ce jugement constituerait probablement une nouvelle manière de nourrir le même mécanisme. Il s’agit plutôt de devenir suffisamment attentif pour reconnaître le moment où l’ego commence à parler et à agir à notre place.

Cette observation rejoint aujourd’hui une autre lecture de mon parcours : les Quatre Accords toltèques au quotidien. Ils m’apportent des repères simples pour reconnaître le moment où je prends quelque chose personnellement, fais une supposition ou m’apprête à répondre trop rapidement.

Prendre conscience de la colère change déjà la réaction

Dans mon propre cheminement, ce livre a constitué une étape importante pour commencer à mettre de côté le masque du contrôlant.

Je ne prétends pas ne plus jamais le porter. Il peut encore réapparaître lorsque je me sens déçu, contrarié ou lorsque les événements ne suivent pas la direction que j’avais imaginée.

La différence est que je m’en rends aujourd’hui beaucoup plus rapidement compte.

Lorsque la colère monte, j’essaie d’abord de reconnaître qu’elle est présente. Je fais une pause et j’attends qu’elle redescende avant de répondre ou d’agir.

J’ai constaté que le simple fait de prendre conscience de ma colère suffit souvent à en diminuer rapidement l’intensité. Elle n’a plus exactement la même emprise lorsque je peux l’observer au lieu de la laisser immédiatement s’exprimer.

Cette prise de recul m’aide également à me poser une autre question : suis-je réellement en colère uniquement à cause de ce que l’autre vient de faire, ou cette situation a-t-elle réveillé une blessure plus ancienne ?

Dans l’approche du livre, une réaction forte indique qu’une blessure a probablement été activée et que l’ego nous pousse à utiliser le masque censé nous protéger. Plus nous parvenons à reconnaître ce mécanisme tôt, plus nous avons la possibilité de choisir une réponse différente.

Cela ne signifie pas que l’autre n’a aucune responsabilité ni que tout comportement doit être accepté. Une parole peut être blessante, une limite peut avoir été franchie et une situation peut réellement être injuste.

Mais notre réaction nous appartient. Comprendre ce qui vient d’être touché en nous permet parfois de répondre avec davantage de mesure, sans nier ce qui s’est passé.

Pour vous aider à aller plus loin dans cette réflexion, l’article « Quand la colère révèle une blessure plus profonde » est maintenant disponible.

Accepter ne signifie pas être d’accord

La notion d’acceptation occupe une place essentielle dans La Guérison des 5 blessures. C’est aussi l’une des idées qui peut être la plus difficile à comprendre.

Accepter une situation ou la vision d’une autre personne ne signifie pas lui donner raison.

Cela ne veut pas dire :

  • Approuver un comportement
  • Tolérer un manque de respect
  • Renoncer à poser une limite
  • Oublier ce que nous avons ressenti
  • Abandonner notre propre manière de voir les choses

Accepter consiste d’abord à reconnaître ce qui est là.

Je peux reconnaître que l’autre interprète une situation d’une certaine manière, même si cette interprétation est très différente de la mienne. Je peux admettre que ses paroles ont activé une blessure chez moi, sans pour autant affirmer qu’il avait l’intention de me faire souffrir.

La vérité de l’un n’est pas nécessairement celle de l’autre.

Deux personnes peuvent vivre le même événement et en conserver des perceptions profondément différentes. Chacune observe la situation à travers son histoire, ses peurs, ses attentes et ses blessures.

Accepter cette différence ne nous oblige pas à renier notre propre réalité. Cela nous permet simplement de ne plus considérer automatiquement que l’un doit avoir raison et que l’autre doit avoir tort.

Dans le livre, l’acceptation est présentée comme le fait d’observer ce qui se passe sans le juger immédiatement comme bon ou mauvais. Elle permettrait ainsi de diminuer progressivement l’emprise du masque et de revenir à une réaction plus consciente.

Cette idée peut sembler simple lorsqu’on la lit. Elle devient beaucoup plus exigeante au moment où une blessure est réellement activée.

Dialoguer avec son ego plutôt que le combattre

Lise Bourbeau propose une méthode particulière pour apprendre à reconnaître l’ego : lui donner un nom et dialoguer avec lui.

Cette pratique peut paraître étonnante au premier abord. Son objectif est pourtant assez clair : créer une distance entre ce que nous sommes profondément et cette petite voix intérieure qui cherche à nous protéger en reproduisant les anciens schémas.

Lorsque j’ai lu le livre, j’avais moi aussi donné un nom à mon ego. Aujourd’hui, il m’arrive encore de lui parler intérieurement, mais sans forcément utiliser ce nom.

L’idée n’est pas de lutter contre lui ni de lui demander de disparaître. Il s’agit plutôt de reconnaître son intention :

« Je comprends que tu cherches à me protéger. Je vois que cette situation réveille une peur ancienne. Mais je peux maintenant choisir une autre manière de réagir. »

Cette façon de dialoguer permet de ne pas ajouter une nouvelle couche de jugement à la blessure déjà activée.

L’ego n’est plus considéré comme une partie honteuse qu’il faudrait rejeter. Nous reconnaissons qu’il a essayé de nous aider avec les moyens dont il disposait, tout en décidant qu’il ne doit plus diriger automatiquement notre réaction.

Je préfère ne pas détailler davantage cet exercice ici, car il fait partie des aspects du livre qu’il est intéressant de découvrir et d’expérimenter directement au cours de la lecture.

Un livre enrichi par de nouvelles observations

Ce second volume n’est pas une simple répétition du premier.

Lise Bourbeau explique avoir affiné sa compréhension des blessures pendant les années séparant les deux ouvrages. Elle a intégré de nouvelles observations issues de son parcours, de ses ateliers et des retours reçus de nombreux participants.

Selon Lise Bourbeau, la plupart des personnes porteraient au moins quatre des cinq blessures. Leur présence et leur intensité varieraient toutefois d’une personne à l’autre. Certaines sont très visibles et provoquent des réactions fréquentes, tandis que d’autres restent plus discrètes ou apparaissent davantage selon les périodes de notre vie.

L’auteure approfondit également les liens entre certaines blessures. Selon elle, la blessure d’abandon peut parfois se cacher derrière celle de trahison. De même, l’injustice peut masquer une blessure de rejet.

Ces propositions appartiennent à la grille de lecture de Lise Bourbeau. Elles ne constituent pas un modèle psychologique ou scientifique démontré. Elles peuvent néanmoins offrir des pistes d’observation intéressantes lorsque nous les utilisons avec recul et discernement.

L’un des apports de ce livre est justement de nous inciter à ne pas nous arrêter à la première réaction visible. La colère peut parfois cacher la peur de perdre l’autre. La rigidité peut révéler une crainte d’être rejeté ou jugé. Quant au besoin de contrôler, il peut dissimuler une vulnérabilité difficile à montrer.

De la lecture à la mise en pratique

J’ai moins relu ce deuxième ouvrage que le premier.

Une fois que j’ai commencé à comprendre le fonctionnement de mes blessures et de mes réactions, j’ai pu avancer davantage par l’observation de mon quotidien. Chaque situation devenait en quelque sorte une occasion de voir si un masque était en train de reprendre sa place.

Cela ne signifie pas que je n’ai plus besoin du livre. Une nouvelle lecture me permettrait probablement de remarquer des éléments qui m’avaient échappé et d’avancer plus rapidement sur certains points.

Comme pour le premier volume, notre regard change avec ce que nous avons vécu entre deux lectures. Un passage qui semblait secondaire peut devenir particulièrement éclairant lorsque nous venons de traverser une situation qui lui donne soudain du sens.

L’ouvrage invite d’ailleurs régulièrement le lecteur à noter ce qu’il décide d’appliquer concrètement après chaque chapitre. Lise Bourbeau insiste sur le fait que l’apprentissage intellectuel ne produit pas à lui seul une transformation : celle-ci apparaît lorsque nous expérimentons de nouvelles attitudes et de nouvelles actions dans notre quotidien.

C’est peut-être l’une des principales différences entre comprendre une blessure et commencer à l’apaiser.

Nous pouvons savoir pourquoi nous réagissons. Mais tant que nous répondons exactement de la même manière, nous continuons à alimenter le mécanisme.

Pourquoi je recommande cette suite

Je recommande La Guérison des 5 blessures aux lecteurs qui se sont reconnus dans le premier ouvrage et qui se demandent désormais quoi faire de cette découverte.

Ce second livre aide à comprendre que la guérison ne consiste pas à éliminer une partie de nous-mêmes. Elle commence plutôt lorsque nous reconnaissons qu’une blessure vient de s’activer. Nous pouvons alors observer la douleur qu’elle provoque et accueillir notre vulnérabilité sans nous juger.

Lise Bourbeau décrit cette évolution comme le fait de ne plus avoir systématiquement besoin du masque lié à la blessure. Selon elle, l’acceptation aide alors à revenir au moment présent et à regarder la situation avec davantage de recul.

Dans mon parcours, le premier livre m’a permis de reconnaître certaines blessures. Le second m’a aidé à comprendre que cette reconnaissance n’était qu’une étape.

Il fallait encore apprendre à observer le moment où la colère apparaissait, à voir le masque du contrôlant essayer de reprendre sa place et à faire une pause avant de répondre.

Identifier une blessure et comprendre ses mécanismes n’est toutefois pas toujours la fin du chemin. Certaines blessures nous amènent ensuite à nous demander ce que nous voulons faire de ce qui s’est passé, notamment lorsqu’une autre personne est impliquée. C’est à cet endroit que la question du pardon sans excuser peut apparaître : comment se libérer d’une blessure sans nier les faits ni retirer à l’autre la responsabilité de ses actes ?

Je porte encore parfois ce masque. La différence est qu’il dirige moins longtemps mes réactions. Dès que je reconnais sa présence, quelque chose se calme déjà en moi et une autre réponse devient possible.

Ce livre ne fournit pas une formule permettant de ne plus jamais souffrir. Il propose plutôt une manière de ne plus rester prisonnier de la même réaction chaque fois qu’une ancienne blessure se réveille.

Et parfois, cette petite distance entre l’émotion et la réponse suffit déjà à changer beaucoup de choses.

Un Autre Nord
À chacun de trouver le sien.

Partagez votre ressenti

Une phrase de cet article vous a parlé, questionné ou rappelé une expérience personnelle ? Cet espace vous permet de partager votre ressenti dans un esprit d’écoute, de respect et de bienveillance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour poursuivre la réflexion